Axe Recherche #3

Cet axe a pour objectif de comprendre les évolutions passées, via la reconstruction des trajectoires et la hiérarchisation des déterminants, pour expliquer les situations actuelles, et pour formaliser des scénarios prospectifs en questionnant les paradigmes et en adaptant les modes de gestion.




Action I : Atelier de réflexion collective: Production savoir et besoins sociétaux 

« A quoi sert la recherche sur l’eau en Tunisie Aujourd’hui ? », LMI Naïla, janvier 2018.
Jeanne Riaux, Sylvain Massuel, Marcel Kuper (UMR G-EAU)
Facilitateur : Amar Imache (LISODE)

L’objectif de cet atelier était de penser ensemble nos postures de chercheurs vis-à-vis de la société et plus précisément vis-à-vis des partenaires habituels : directions techniques et agents de l’administration (décideurs et gestionnaires). L’hypothèse de départ était que la relation recherche/société ayant évolué au cours des dernières décennies, il était important d’avoir un regard réflexif sur nos interlocuteurs, la nature de nos résultats de recherche et la manière dont ces résultats peuvent être diffusés/partagés avec les acteurs de l’eau.

Dans cet objectif un atelier de réflexion collective a été organisé en janvier 2018 dans le cadre du LMI NAÏLA, avec des chercheurs du LMI ou proches.

Cet atelier a duré 4 jours et réuni une vingtaine de chercheurs sélectionnés de manière à avoir un panel varié de profils : sciences sociales et sciences biophysiques, chercheurs français et tunisiens, hommes et femmes, universitaires ou en lien avec l’ingénierie du développement, chercheurs séniors ou jeunes chercheurs, etc. A partir d’une démarche d’animation « participative », les chercheurs en présence ont pu réfléchir, s’exprimer et débattre sur plusieurs thèmes dont : les valeurs portées par les chercheurs, la manière dont ils communiquent avec la société et les fonctions des chercheurs dans la société, que ces fonctions leur soient assignées par la société ou que ces fonctions soient celles que les chercheurs souhaitent endosser.

Cet atelier a permis de mettre en valeur l’écart qui existe entre les fonctions que les chercheurs souhaitent ou pensent occuper, qu’il s’agisse de lancer des alertes, répondre à des préoccupations sociétales, produire des connaissances, etc. et la manière dont le partenariat recherche/société est façonné. Il semble que le dialogue intra-recherche ait une fonction prépondérante à la fois pour produire du savoir, mais aussi pour objectiver les savoirs produits et les diffuser dans la société. Cette étape de réflexion nous donne des bases pour revenir vers la société, en prenant mieux en compte ce que l’on entend par « société », les différentes fonctions que la recherche peut occuper. Les dispositifs de dialogue science/société doivent être pensés de manière ad hoc en fonction du type de savoir à faire circuler et des objectifs conjoints du chercheur et de ses interlocuteurs dans la société. Le LMI doit permettre de favoriser cette élaboration et d’en valoriser la diversité des formes et des résultats.


Action II: Développement de méthodologies de calcul 3D appliquées aux images aériennes d'archives

Denis Feurer (IRD/LISAH) et Sylvain Massuel (IRD/G-EAU)
    
Objectifs:

Les images aériennes anciennes, de résolution plus fine que le mètre et remontant au début du siècle dernier, ont le potentiel de documenter les évènements passés. Par ailleurs, les récents algorithmes de vision par ordinateur utilisés en photogrammétrie (approches "SfM", Structure from Motion) ouvrent, du fait que ce sont des approches "tout image", de nouvelles possibilités d'utilisation de ces images. En effet les algorithmes de type SIFT (Scale Invariant Feature Transform) permettent de détecter automatiquement des points dans les images en leur associant un descripteur invariant aux transformations linéaires (changement d'échelle et rotation). L'objectif de l'action vise ainsi à évaluer le potentiel de telles données et algorithmes pour la documentation des changements 3D passés.


Démarche/méthodologie:

L'idée de ce travail part de l'hypothèse que, pour certaines échelles spatio-temporelles, ces descripteurs peuvent aussi présenter une invariance dans le temps. La méthode proposée, appelée Time-SIFT, consiste simplement à effectuer les premières étapes du calcul avec un ensemble d'images de différentes dates afin de constituer une référence géométrique unique. Une fois l'ensemble des données dans une géométrie unique, il devient ainsi possible de calculer des différences 3D entre dates. Un travail d'analyse multi-factoriel a été réalisé pour évaluer l'intérêt de la méthode Time-SIFT par rapport à d'autres stratégies de traitement.
 
Principaux résultats:

Les études menées sur des images couvrant une zone de 170km² sur une période de plus de 40 ans ont démontré que l'utilisation de la méthode Time-SIFT était le premier facteur de succès pour la détection de changements 3D. L'application de cette méthode a permis de mettre en évidence des changements 3D liés à des évolutions urbaines, des travaux de voirie mais aussi des prélèvements et remblais